Austerlitz
La bataille des trois Empereurs
Après les cérémonies du Sacre de Napoléon 1er en 1804, nous célébrons cette année le bicentenaire de la grande victoire d’Austerlitz appelée « bataille des trois Empereurs » qui a mis en présence La Grande Armée et les troupes du tsar de Russie et de l’Empereur d’Autriche, le 2 décembre 1805, au sud-est de Brünn en Moravie, sur l’actuel territoire de la République tchèque. Cette bataille légendaire est la plus belle victoire de Napoléon qui en quelques heures réussit à battre les armées des deux principales puissances de l’Europe. Son génie de tacticien militaire lui permettra avec des troupes inférieures en nombre de remporter un succès décisif sur les armées austro-russes.
Du Camp de Boulogne à Vienne
En mai 1805, la perfide Albion, notre ennemie de toujours, acharnée à la perte de la France, dénonce le traité d’Amiens qu’elle avait signée en 1802. Napoléon rassemble à Boulogne-sur-mer une armée 200 000 hommes et fait construire des centaines de péniches de débarquement pour envahir l’Angleterre. Malheureusement, l’amiral Villeneuve et la flotte franco-espagnole ne réussirent pas s’imposer sur les mers et l’amiral Nelson, commandant l’armada anglaise, est vainqueur au large du cap Trafalgar le 21 octobre. L’Angleterre anéantit l’escadre française et restera la maîtresse des mers pour longtemps.
La formation de la troisième coalition, réunissant Russes, Autrichiens, Suédois et Anglais, contraint l’Empereur à modifier ses plans. A marches forcées, faisant preuve d’une extrême endurance, la Grande Armée, forte de plus de 100 000 hommes, divisée en sept corps d’armée, en moins de trois mois, traverse le Rhin et se dirige vers le centre de l’Europe pour affronter les armées autrichiennes et russes.
A Ulm, le 20 octobre, Napoléon réalise un beau succès stratégique et contraint le général Mack et la garnison autrichienne forte de 25 000 hommes à capituler et à déposer les armes devant l’Empereur triomphant. 40 drapeaux et 65 canons tombent également aux mains des Français. Alors qu’un officier autrichien déclare « la honte nous écrase », le soldat français chante « Micmac, nous avons pris le général Mack comme une prise de tabac ». Le 14 novembre 1805, Napoléon entre à Vienne puis prend la direction de la Moravie pour en finir avec les troupes austro-russes.
Austerlitz, une éclatante victoire pour Napoléon et la Grande Armée
La bataille décisive a lieu le 2 décembre, mais elle commence stratégiquement plusieurs jours auparavant. Après avoir étudié longuement les cartes d’état-major, Napoléon décide d’attirer les troupes ennemies sur le plateau de Pratzen qui domine la plaine d’Austerlitz. Il veut donner l’impression aux coalisés que les Français se trouvent dans une position de repli en ordonnant à son aile droite de reculer face à l’armée russe. Tandis que le centre ennemi se dégarnira, il deviendra plus vulnérable et pourra être scindé facilement lors de l’assaut du plateau de Pratzen. Le 2 décembre, lorsque le jour commence à apparaître sur la grande plaine gelée de Moravie, une épaisse brume enveloppe le champ de bataille. Les troupes françaises noyées dans le brouillard restent invisibles aux yeux de l’ennemi. A 7h30, Napoléon donne ses dernières instructions à ses chefs de corps d’armée. Il fait encore nuit et la bataille qui commence fait déjà rage. Les Austro Russes s’emparent de plusieurs positions, alors qu’un duel farouche oppose les cavaleries de Murat appuyée par l’infanterie de Lannes aux régiments du prince Bagration. A 8h00, « le soleil d’Austerlitz » commence à se lever faisant scintiller les 16 000 baïonnettes du corps de Koutouzov, massées en arc de cercle autour du centre français. L’Empereur donne l’ordre à Soult de gravir le plateau de Pratzen. Après plusieurs attaques longues et meurtrières, la situation tourne à l’avantage del’armée française. Les Russes sont surpris par cette offensive et à 11h30, les Français sont maîtres du plateau stratégique de Pratzen. Au sud du front, Davout continue à résister à Buxhovden tandis que Lannes et Murat sont parvenus à couper la droite russe du reste de l’armée. Pour contrer l’offensive russe, Napoléon fait entrer sa garde dans la mêlée. Les Russes battent peu à peu en retraite et l’armée ennemie se trouve scindée en plusieurs points. La victoire est désormais acquise pour l’armée française. Napoléon donne l’ordre à ses troupes de dévaler le plateau de Pratzen et de contraindre les troupes russes à se précipiter dans les étangs gelés et l’artillerie française tire sur la glace. A 16 heures, la panique est générale au sein des armées ennemies et la victoire est totale pour la Grande Armée. Pendant près de neuf heures, la bataille d’Austerliz a vu une armée française forte de 75 000 hommes et 139 canons, affronter une coalition austro-russe de 100 000 hommes et 278 canons. Les Français n’auront que 8 000 morts et blessés tandis que l’ennemi comptera le double de morts et blessés et abandonnera sur le champ de bataille, 20 000 prisonniers, 185 canons et 40 drapeaux. Au lendemain de la bataille, l’Empereur fera diffuser une proclamation qui deviendra célèbre « Soldats, je suis content de vous… Mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire : « J’étais à Austerlitz. » pour que l’on vous réponde : « Voilà un brave ! »
Vers une nouvelle Europe
Après Austerlitz, l’empereur d’Autriche François II doit signer le 26 décembre 1805 le traité de Presbourg. L’Autriche abandonne la Vénétie, l’Istrie, la Dalmatie, alors que la Bavière et le Wurtemberg deviennent des royaumes indépendants. Le Saint Empire germanique est disloqué et François II n’est plus l’empereur que de la seule Autriche. Une nouvelle Europe voit le jour, dominée par l’Empire français à l’apogée de sa puissance et de sa gloire, avec 130 départements, des états vassaux comme la Confédération du Rhin ou le Grand duché de Varsovie. Napoléon installe ses frères sur le trône des royaumes de Naples, d’Espagne, de Hollande, de Westphalie. Malheureusement, ce grand Empire napoléonien sera de courte durée et après les coalitions successives des Prussiens, des Russes, des Autrichiens et surtout en raison de la diplomatie britannique très active et de l’or de l’Angleterre, « cette nation de boutiquiers », Napoléon devra abdiquer en 1814 puis sera battu définitivement à Waterloo face aux vieilles monarchies de l’ancien régime qui n’ont jamais accepté les idées nouvelles de la Révolution française. Après vingt ans de batailles et de campagnes sanglantes aux quatre coins de l’Europe, la France retrouvera ses frontières d’avant 1789. Mais l’œuvre de Napoléon est considérable et apportera à la France une gloire éternelle reconnue par ses nombreux admirateurs mais aussi par ses ennemis de toujours.
Du Camp de Boulogne à Vienne
En mai 1805, la perfide Albion, notre ennemie de toujours, acharnée à la perte de la France, dénonce le traité d’Amiens qu’elle avait signée en 1802. Napoléon rassemble à Boulogne-sur-mer une armée 200 000 hommes et fait construire des centaines de péniches de débarquement pour envahir l’Angleterre. Malheureusement, l’amiral Villeneuve et la flotte franco-espagnole ne réussirent pas s’imposer sur les mers et l’amiral Nelson, commandant l’armada anglaise, est vainqueur au large du cap Trafalgar le 21 octobre. L’Angleterre anéantit l’escadre française et restera la maîtresse des mers pour longtemps.
La formation de la troisième coalition, réunissant Russes, Autrichiens, Suédois et Anglais, contraint l’Empereur à modifier ses plans. A marches forcées, faisant preuve d’une extrême endurance, la Grande Armée, forte de plus de 100 000 hommes, divisée en sept corps d’armée, en moins de trois mois, traverse le Rhin et se dirige vers le centre de l’Europe pour affronter les armées autrichiennes et russes.
A Ulm, le 20 octobre, Napoléon réalise un beau succès stratégique et contraint le général Mack et la garnison autrichienne forte de 25 000 hommes à capituler et à déposer les armes devant l’Empereur triomphant. 40 drapeaux et 65 canons tombent également aux mains des Français. Alors qu’un officier autrichien déclare « la honte nous écrase », le soldat français chante « Micmac, nous avons pris le général Mack comme une prise de tabac ». Le 14 novembre 1805, Napoléon entre à Vienne puis prend la direction de la Moravie pour en finir avec les troupes austro-russes.
Austerlitz, une éclatante victoire pour Napoléon et la Grande Armée
La bataille décisive a lieu le 2 décembre, mais elle commence stratégiquement plusieurs jours auparavant. Après avoir étudié longuement les cartes d’état-major, Napoléon décide d’attirer les troupes ennemies sur le plateau de Pratzen qui domine la plaine d’Austerlitz. Il veut donner l’impression aux coalisés que les Français se trouvent dans une position de repli en ordonnant à son aile droite de reculer face à l’armée russe. Tandis que le centre ennemi se dégarnira, il deviendra plus vulnérable et pourra être scindé facilement lors de l’assaut du plateau de Pratzen. Le 2 décembre, lorsque le jour commence à apparaître sur la grande plaine gelée de Moravie, une épaisse brume enveloppe le champ de bataille. Les troupes françaises noyées dans le brouillard restent invisibles aux yeux de l’ennemi. A 7h30, Napoléon donne ses dernières instructions à ses chefs de corps d’armée. Il fait encore nuit et la bataille qui commence fait déjà rage. Les Austro Russes s’emparent de plusieurs positions, alors qu’un duel farouche oppose les cavaleries de Murat appuyée par l’infanterie de Lannes aux régiments du prince Bagration. A 8h00, « le soleil d’Austerlitz » commence à se lever faisant scintiller les 16 000 baïonnettes du corps de Koutouzov, massées en arc de cercle autour du centre français. L’Empereur donne l’ordre à Soult de gravir le plateau de Pratzen. Après plusieurs attaques longues et meurtrières, la situation tourne à l’avantage del’armée française. Les Russes sont surpris par cette offensive et à 11h30, les Français sont maîtres du plateau stratégique de Pratzen. Au sud du front, Davout continue à résister à Buxhovden tandis que Lannes et Murat sont parvenus à couper la droite russe du reste de l’armée. Pour contrer l’offensive russe, Napoléon fait entrer sa garde dans la mêlée. Les Russes battent peu à peu en retraite et l’armée ennemie se trouve scindée en plusieurs points. La victoire est désormais acquise pour l’armée française. Napoléon donne l’ordre à ses troupes de dévaler le plateau de Pratzen et de contraindre les troupes russes à se précipiter dans les étangs gelés et l’artillerie française tire sur la glace. A 16 heures, la panique est générale au sein des armées ennemies et la victoire est totale pour la Grande Armée. Pendant près de neuf heures, la bataille d’Austerliz a vu une armée française forte de 75 000 hommes et 139 canons, affronter une coalition austro-russe de 100 000 hommes et 278 canons. Les Français n’auront que 8 000 morts et blessés tandis que l’ennemi comptera le double de morts et blessés et abandonnera sur le champ de bataille, 20 000 prisonniers, 185 canons et 40 drapeaux. Au lendemain de la bataille, l’Empereur fera diffuser une proclamation qui deviendra célèbre « Soldats, je suis content de vous… Mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire : « J’étais à Austerlitz. » pour que l’on vous réponde : « Voilà un brave ! »
Vers une nouvelle Europe
Après Austerlitz, l’empereur d’Autriche François II doit signer le 26 décembre 1805 le traité de Presbourg. L’Autriche abandonne la Vénétie, l’Istrie, la Dalmatie, alors que la Bavière et le Wurtemberg deviennent des royaumes indépendants. Le Saint Empire germanique est disloqué et François II n’est plus l’empereur que de la seule Autriche. Une nouvelle Europe voit le jour, dominée par l’Empire français à l’apogée de sa puissance et de sa gloire, avec 130 départements, des états vassaux comme la Confédération du Rhin ou le Grand duché de Varsovie. Napoléon installe ses frères sur le trône des royaumes de Naples, d’Espagne, de Hollande, de Westphalie. Malheureusement, ce grand Empire napoléonien sera de courte durée et après les coalitions successives des Prussiens, des Russes, des Autrichiens et surtout en raison de la diplomatie britannique très active et de l’or de l’Angleterre, « cette nation de boutiquiers », Napoléon devra abdiquer en 1814 puis sera battu définitivement à Waterloo face aux vieilles monarchies de l’ancien régime qui n’ont jamais accepté les idées nouvelles de la Révolution française. Après vingt ans de batailles et de campagnes sanglantes aux quatre coins de l’Europe, la France retrouvera ses frontières d’avant 1789. Mais l’œuvre de Napoléon est considérable et apportera à la France une gloire éternelle reconnue par ses nombreux admirateurs mais aussi par ses ennemis de toujours.
Alain Ripaux
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